Les gains d’Airbnb bientôt imposables

Un amendement adopté lundi soir obligera les plateformes collaboratives type Airbnb à déclarer les revenus engrangés par les particuliers.

La loi de finances réserve toujours son lot de surprises. Et en général ces surprises surgissent nuitamment à la faveur d’un amendement censé passer inaperçu. Le cru 2017 du budget de l’État n’échappe pas à la règle puisque lundi soir, l’amendement d’un député a ouvert la voie à une fiscalisation des revenus que les propriétaires peuvent tirer des plateformes collaboratives.

Dans le viseur, ce sont bien sûr les sites comme Airbnb qui permettent à des particuliers de louer une chambre, un appartement ou une maison. Ces revenus tirés de locations occasionnelles ou saisonnières échappent souvent à l’impôt, les propriétaires se dispensant de les déclarer. À partir de 2019, l’administration imposera aux plateformes collaboratives, qu’elles soient françaises ou étrangères, de transmettre automatiquement aux services fiscaux les revenus de leurs utilisateurs. Le but du gouvernement est bien sûr de fiscaliser des revenus qui n’étaient jusque-là pas déclarés mais aussi de réguler le secteur de l’économie collaborative. Des plateformes comme Drivy (location de voitures entre particuliers), Airbnb, Heetech (covoiturage)… se sont en effet développés hors de tout cadre légal générant souvent des distorsions de concurrence avec les acteurs dûment établis qui s’acquittent des impôts, taxes et cotisations sociales. Ainsi, dès le 1er janvier 2017, le projet de loi de finance de la Sécurité sociale met en place le paiement de cotisations sociales visant les particuliers. Ceux qui retirent plus de 7 720 euros de la location des biens meubles (voitures ou bateaux) et plus de 23 000 euros pour l’immobilier devront payer des cotisations sociales.

23 % des loueurs sont des indépendants

Selon une récente étude menée par la plateforme Airbnb, il ressort que 23 % des utilisateurs de la plateforme sont indépendants ou entrepreneurs et 13 % sont à la retraite. Les revenus complémentaires pour les hôtes se sont élevés l’an dernier à 481 millions d’euros. Or, selon l’enquête, plus de la moitié des hôtes Airbnb disposent de revenus inférieurs au revenu médian français soit moins de 30 300 euros par an.

Cette nouvelle disposition fiscale risque bien de décourager des propriétaires de se lancer dans le business de l’économie collaborative. D’autant que les mesures contre Airbnb ne cessent de se durcir à New York mais aussi à Barcelone qui a déjà infligé des amendes de 30 000 € par logement non déclaré à la municipalité

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